• Portraits de chercheurs Carnot MERS,

Yasamin ESLAMI - Laboratoire LS2N de Centrale Nantes

Publié le 25 novembre 2025 Mis à jour le 4 décembre 2025
"Dans le domaine de la soutenabilité, j’analyse les impacts industriels sur la société, l’environnement et l’économie, et de travailler à l’équilibre entre ces trois dimensions. Ce défi constant est ce qui me pousse à avancer."
Photo de Yasamin Eslami

Photo de Yasamin Eslami

Quel est ton parcours dans la recherche ?

J’ai effectué ma licence en génie industriel – production dans ma ville natale, Téhéran, en Iran. Par la suite, j’ai émigré en Italie où j’ai poursuivi un master puis un doctorat. Après ma thèse, j’ai collaboré à plusieurs projets de recherche avec l’Université de Lorraine. J’ai ensuite participé au recrutement de maître de conférences en France et, depuis 2021, j’exerce cette fonction au sein du LS2N, à l’École Centrale de Nantes.

Je suis passionnée par la diversité des perspectives : j’adore comprendre le travail des autres et explorer des idées sous un angle nouveau. « Think outside the box » me permet de découvrir ce que l’on ne voit pas immédiatement. 

Sur quel projet de recherche travailles-tu au sein du LS2N, laboratoire labellisé Carnot MERS ?

Je travaille actuellement sur un projet d’évaluation de la soutenabilité appliquée au recyclage de l’aluminium. L’objectif est de comparer un procédé industriel existant avec un nouveau procédé en développement, afin d’identifier les leviers d’amélioration environnementaux, économiques et sociaux. Cette approche nous permet également de comprendre comment, et dans quelle mesure, les démarches de circularité peuvent réellement contribuer à renforcer la soutenabilité des procédés industriels. Ce projet avance grâce à un travail d’équipe solide : un collègue du GeM (Thomas Corre*), ainsi qu’une étudiante de master (Lydia Bekele) qui a apporté une contribution remarquable et essentielle à l’avancement du projet.

Quelle en serait l’utilité pour une entreprise du secteur maritime ?

Le secteur maritime utilise largement l’aluminium, notamment pour ses structures légères et sa résistance à la corrosion. D’un point de vue soutenable, ce projet permet d’améliorer le recyclage de l’aluminium en le rendant plus respectueux de l’environnement, plus compatible socialement et plus solide économiquement. Les résultats offrent ainsi aux industriels des pistes concrètes pour intégrer davantage la circularité dans leurs chaînes d’approvisionnement et pour répondre aux exigences croissantes en matière de soutenabilité.

Pourquoi as-tu choisi de travailler dans la recherche publique ? 

J’ai choisi la recherche publique parce qu’elle me permet de suivre ma curiosité sans être limitée par des objectifs strictement commerciaux. J’aime avoir le temps d’explorer, de tester, de comprendre vraiment les choses, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi complexe que la soutenabilité. C’est aussi un milieu où le partage a une vraie valeur : transmettre, apprendre des autres, construire ensemble. Et travailler avec des partenaires très différents, chercheurs, industriels, institutions, me donne le sentiment de contribuer, à ma manière, à quelque chose d’utile pour la société.

Dans mon quotidien, beaucoup de discussions, d’échanges d’idées, de réunions ou de séances de brainstorming commencent autour d’une tasse chaude. C’est un objet simple, mais pour moi, il symbolise l’ouverture, le partage et la créativité. C’est souvent dans ces moments-là que naissent les meilleures idées, les collaborations et les nouvelles perspectives, des éléments essentiels dans ma manière de travailler et de faire de la recherche.

Que penses-tu de la recherche publique au regard des défis auxquels sont confrontés les entreprises ?

Pour moi, l’industrie et la recherche publique sont comme deux mondes parallèles qui avancent côte à côte, chacun avec sa façon de voir et de résoudre les problèmes. Et c’est justement cette différence qui crée une vraie richesse. L’industrie apporte le pragmatisme, l’urgence du terrain ; la recherche, elle, apporte le recul, le temps de réfléchir autrement. Ensemble, elles permettent de comprendre les enjeux dans leur globalité, le tableau d’ensemble, et de trouver des solutions qui ne sont pas seulement efficaces à court terme, mais réellement durables. J’aime cette complémentarité, car elle montre que l’on peut construire quelque chose de solide en croisant nos forces et nos visions.

*Thomas Corre est porteur du projet CIRC_ALU.

Projet CIRC_ALU - Appel à projet Carnot MERS 2024
La recherche sur un procédé innovant de recyclage de l’aluminium par voie solide (procédé d’extrusion) permet d’envisager un usage industriel des matériaux obtenus. L’enjeu est donc de formaliser une démarche de modélisation de filière et d’estimation de performances du déploiement d’une technologie dans le cadre de l’économie circulaire.

Publié le 25 novembre 2025 Mis à jour le 4 décembre 2025