Retour sur la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3)

La 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3) s’est tenue du 9 au 13 juin à Nice, coorganisée par la France et le Costa Rica. Elle a rassemblé plus de 130 pays et avait pour objectif d’accélérer les actions en faveur de la protection de l’océan.

du 9 juin 2025 au 13 juin 2025

UNOC3
UNOC3

Des décisions urgentes pour l’Océan portées par un comité scientifique international

En amont de l’événement, le Congrès One Ocean Science, co-organisé par l’Ifremer – l’un des deux fondateurs de l’Institut Carnot MERS – a réuni plus de 2000 scientifiques du 3 au 5 juin. L’objectif était d’élaborer une feuille de route à destination des chefs d’État et de gouvernement, remise la veille de l’ouverture de l’UNOC‑3.

Leur appel est fort : agir vite, s’appuyer sur les connaissances scientifiques, et transformer les usages de l’Océan.

Après plus d’un an de travaux menés par un comité scientifique international, trois mesures prioritaires ont été proposées :

  • Protéger au moins 30 % de l’Océan de manière permanente et efficace
  • Mettre fin aux subventions nuisibles et soutenir une économie bleue régénérative.
  • Éliminer progressivement les combustibles fossiles.
Parmi les 10 recommandations du congrès en ce sens, plusieurs font écho aux actions portées par l’Institut Carnot MERS.
 

Bilan de l’UNOC-3 : engagements et perspectives

À l’issue de ces 5 jours, plus de 800 engagements ont été annoncés, et de nouvelles initiatives de financement ont vu le jour pour soutenir l’économie bleue. Parmi les avancées notables :

  • Adoption du Nice Ocean Action Plan, feuille de route politique qui appelle à mieux intégrer les enjeux liés à l’océan dans les politiques climatiques, à renforcer les engagements existants et à mobiliser la science et l’innovation pour orienter l’action.
  • Annonce de 8,7 milliards d’euros de financements publics et privés pour soutenir l’économie bleue, notamment à travers la décarbonation du transport maritime, la restauration des écosystèmes, ou encore le développement des énergies marines.
  • Avancée sur les aires marines protégées (AMP) : qui couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, avec de nouvelles annonces majeures comme celles de la Polynésie française (contre environ 8,3 % auparavant, mais seulement 2,8 % « efficacement protégés »).
  • Progression de la ratification du Traité sur la haute mer (BBNJ), avec 18 nouvelles ratifications annoncées, portant à 50 le nombre total de pays engagés – proche du seuil d’entrée en vigueur.
  • Lancement de coalitions internationales, notamment contre la pollution plastique et en faveur de la résilience côtière, avec l’appui de grandes villes littorales et d’acteurs scientifiques et institutionnels et la mobilisation notamment de plus de 200 villes côtières pour des actions climatiques coordonnées.

Les axes de recherche du Carnot MERS en résonance avec les enjeux de l’UNOC-3

Seul institut Carnot dédié à l’ingénierie océanique, le Carnot MERS développe les collaborations entre des entreprises et des laboratoires publics disposant de compétences, de moyens techniques et de site d'essais exceptionnels, pour relever les grands défis maritimes de demain.

À travers ses projets de recherche partenariale, le Carnot MERS – réseau de neuf laboratoires publics répartis sur toutes les façades maritimes – travaille sur des problématiques directement liées à ces priorités, autour de trois axes complémentaires :

  • SAFE : comprendre les effets de l’environnement marin sur les structures et les écosystèmes, améliorer leur résilience.
  • SMART : intégrer les outils numériques pour optimiser les usages maritimes et réduire leur impact.
  • SUSTAINABLE : soutenir l’émergence de nouvelles filières respectueuses des équilibres marins.

La conférence a montré une volonté politique croissante, mais la mise en œuvre de ces différentes actions reposera sur des approches scientifiques solides, de l’innovation et des collaborations entre sphère publique, académique et socio-économique.
 

C’est dans cette logique que s’inscrit l’Institut Carnot MERS : contribuer, par la recherche publique, à une mer plus résiliente, plus efficiente, plus soutenable.

Publié le 16 juin 2025 Mis à jour le 3 juillet 2025